L'étudiant Noir en Chine 6
J'ai cessé de vivre en Chine depuis 2002 car ayant pu achever mes études. Mais les expériences chinoises continuent de claironner en mon for intérieur voilà pourquoi il est indispensable d'en parler. Ce serait toutefois complètement faux de déclarer que je n'y ai connu que des expériences négatives. Loin de là! Mais ma vie quotidienne était faite de ces tourments réguliers qui ont précipité beaucoup de frères africains à la démence.
Ils sont en effet très nombreux qui n'ont pas pu résister à ces pressions et qui sont devenus fous. La moyenne de ceux-là qui ont dû regagner leur pays à cause d'un accès de folie était de 7 à 10 étudiants africains par an! N'est-ce pas là un chiffre préoccupant? Ecrire ces histoires est donc pour moi un moyen d'évacuer tous ces souvenirs et peut-être aussi un témoignage qui pourrait être utile aux générations futures en Chine.
Encore plus utile pourrait être, dans les lignes qui vont suivre, l'histoire de cet ami gabonais qui avait voulu épouser l'amour de sa vie, une très belle fille chinoise.

En cette nuit profonde, alors que tout le monde était plongé dans un sommeil profond, ma porte fut soudain sollicitée par une main certainement amie. Quelqu'un frappait et si on me réveillait à une heure aussi tardive, c'est bien parce qu'il y avait un problème. Mon angoisse se dissipa quand je reconnu la voix de mon très bon ami gabonais. C'était d'ailleurs la seule personne qui venait dans ma chambre à ces heures impossibles où l'âme, plongée dans cette paix dont seul le sommeil détient l'accès, s'emploie à revivre le film exhaustif de nos passions, de nos désirs, de nos angoisses, de nos espoirs.
Et cette nuit justement, je rêvais de ce drame unique qui venait de froisser mon ami, celui-là même qui était à ma porte. Il n'avait pas encore pu oublier complètement la douleur choquante de ses déboires et venait me consulter pour qu'ensemble, on se livre à cette activité de prospection question de dégager quelque perspective salvatrice.
Jeune, beau, dynamique, Alain était arrivé en Chine comme tous les étudiants africains, c'est-à-dire boursier. Très travailleur et ambitieux, il consacrait le plein de son temps à essayer de démystifier l'écriture chinoise. Pendant ces longues heures qu'il consacrait aux études, une jeune fille aux allures princières était toujours à ses côtés. Ce n'était pas surprenant dans la mesure où nous avions tous besoin d'un(e) chinois(e) pour nous aider à maîtriser la langue. Ce qui était unique, c'est bien la beauté sans équivoque de cette fille.
Sa silhouette longiligne donnait une impression de désinvolture mais quand elle commençait à marcher, le balancement régulier et harmonieux de ses mains donnait à son corps quelque chose de féerique. Ses yeux ronds et perçants enveloppés dans des paupières parfaites, ressemblaient à ceux d'un enfant joyeux. Sa bouche souriante achevait de séduire même le plus coriace des hommes. Et pour couronner le tout, la divinité avait entrepris de lui offrir une poitrine de rêve, et un fessier aux rondeurs toutes africaines. La perfection en un mot !
Très courageuse, elle entreprit avec succès d'ailleurs, de vaincre la timidité de notre cher Alain et c'est en amoureux qu'on les voyait tantôt en pleine nuit, leur ombre dévoilée par cette lumière douce du clair de lune. Parfois Enlacés, ils se livraient à ces longs échanges de caresses qui ne pouvaient manquer d'irriter quelque coeur en jachère.

Et quand dans le licence de ces nuit pékinoises l'envie de franchir le pas leur imposait une dictature bien cruelle, notre belle chinoise n'hésitait pas exhiber les formes ensorcelantes de son corps, s'exposant ainsi aux regards tout envieux des astres devenus encore plus scintillants à la découverte de cette silhouette parfaite.
Les deux tourtereaux détestaient bien sûr ces situations où l'Homme ne peut s'empêcher de se livrer à des ébats intenses à l'abri seulement de quelques arbustes, mais les règles sécuritaires et les conditions de logement ne leur donnaient guère d'autre alternative. Il fallait profiter de la retraite du soleil dans sa tanière pour se livrer à ces jeux pétillants et surtout pour assouvir cette envie bestiale consubstantielle à l'être.

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